Il y a certains animes qui nous marque, par l’animation, l’histoire, les personnages, l’univers…  Et parfois, c’est tout à la fois, si ça arrive rarement, ça m’est arrivé avec l’adaptation du manga de Akihito Tsukushi : Made In Abyss

 

Synopsis :

Riko, qui vit au dans la ville de d’Orth sur les bords de l’Abysse, rencontre lors d’une de ses explorations un robot qui ressemble fortement à un jeune garçon.

Réalisateur : Masayuki Kojima

Scénariste : Hideyuki Kurata

Studio d’animation : Kinema Citrus

Licencié par Wakanim.

 

Une histoire classique, mais utile

Made In Abyss

L’histoire est classique, nous suivons donc les péripéties de Riko et de ce jeune robot Regu, mais ce choix de donner un objectif clair permet à la série de se focaliser sur deux choses importantes que je détaillerais plus bas, les personnages et l’univers. La simplicité ne prive pas l’intrigue d’être intéressante tout au long des épisodes, tout ça avec un rythme plus qu’agréable, les épisodes s’enchaînent sans être long ou désagréable.

Tout du long nous suivons donc ces deux protagonistes qui découvrent plusieurs choses concernant l’Abysse.

C’est donc un bon exemple d’histoire basique, bien racontée et qui permet au reste de l’œuvre d’être plus développé.

 

 

 

Des personnages attachants

Made In Abyss Nanatchy

Nanatchy dans Made In Abyss

Ce que j’apprécie le plus dans une œuvre, sans parler de l’animation, c’est quand les personnages sont développés, et qu’aucun d’eux n’est inutile.

Made In Abyss arrive à développer des personnages complexes, motivés par différents thèmes :

  • La recherche d’un être chère
  • Tenir une promesse
  • La « croyance » en l’Abysse
  • Les liens d’amitié qui existent entre eux

Et je n’ai pas tout cité, mais dans tous les cas, on s’attache aux protagonistes grâce à un développement poussé, à l’aide de flash-back, ou d’actions de leur part. Sans être omniscient on découvre petit à petit que l’habit ne fait pas forcément le moine, et que rien n’est ni blanc ni noir dans ce monde.

Mention spéciale à Ozen, personnage effrayant mais avec une histoire magnifique, qui illustre parfaitement que les personnages ne sont pas manichéens.

De plus, moi qui ne suis pas fan des flash-backs, ici ils sont justifiés et pertinents, et ne bloquent pas l’histoire sans aucune raison.

Mention spéciale au passé de Nanatchy, qui aide à la comprendre, mais aussi à la suite de l’histoire.

Un univers riche, vaste, coloré mais…

Made In Abyss

Univers vaste, avec une sauce Miyazaki

L’abysse, ce gouffre dont on ne connaît pas la fin, chaque personnage est attiré par ce dernier, avec la curiosité et ce goût d’aventures.

Ce même goût d’aventure qui est à l’origine de la ville d’Orth, où tous les « Sifflets » descendent dans l’abysse pour y trouver des reliques vendues ensuite à prix cher, et découvrir de nouveaux lieux inexplorés. C’est cette curiosité qui finit par animer le spectateur, et plus on avance, plus l’envie de savoir ce que cet univers n’a pas encore dévoilé se fait entendre. A entendre, on pourrait croire que la série se résume à une encyclopédie, mais l’on nous donne les informations via des évènements, du quotidien, ou alors par des péripéties. ça permet d’ancrer toutes ces informations dans l’univers, sans surcharger le spectateur, et ainsi, rendre l’univers cohérent.

Parlons-en de ce bestiaire ! On nous présente, tout du long des épisodes, des descriptions de plusieurs animaux, reliques, monuments existant dans l’abysse. Proie, prédateur, rongeur, une sorte de règne animal se découvre au fur et à mesure, en même temps que l’environnement. Les animaux sont la plupart du temps très fantastiques, et on peut y trouver quelques touches « à la Miyazaki ».

Tout tourne autour de l’abysse, il est vu comme une divinité, c’est quelque chose auquel la ville entière se raccroche.

Un univers coloré que l’on a envie de découvrir, et qui fait renaître la soif d’aventure (et de RPG avec cet univers, je serais le premier acheteur) !

Cruel.

Cet univers fantastique cache en réalité une dimension bien plus sombre et cruelle. En effet, on découvre déjà au départ, que beaucoup de personnes ne remontent pas de l’abysse, déjà par l’orphelinat dont fait partie Riko, mais aussi à cause de la malédiction de l’abysse. Lorsque vous remontez de l’abysse, des effets secondaires apparaissent, qui change selon le niveau dans lequel vous vous trouvez ;

Vomissements, saignements, hallucinations, morts… Tout va crescendo, et on comprends très vite que malgré l’aspect enfantin et l’ambiance d’aventure, la mort est bel et bien présente, et ça, les personnages en ont conscience. De plus, ces orphelins, dont on comprend que leurs parents sont morts ou disparus dans l’abysse, apprennent eux aussi, à trouver les trésors cachés dans cette source de curiosité, « tout revient à l’abysse ».  Le système sociétal de la ville montre aussi que le chemin le plus prestigieux et celui de descendre dans l’abysse et de remonter ces objets inconnus, qui permettront à ces fameux « mineurs de l’abysse » ou plutôt « sifflets », d’être reconnu et de monter en grade. Grade symbolisé par leurs sifflets : rouge, bleu, violet, noir, blanc (du plus faible au plus fort), les sifflets blancs sont montrés comme des légendes, des modèles pour la société. La part sombre réside aussi dans l’existence du ville en dessous de la ville, en effet les quartiers pauvres existent et semblent séparés du reste de la ville, par la lumière et surtout la méconnaissance de cet endroit de la ville par la plupart des personnages (sauf un, qui est originaire de ces quartiers).

On apprends donc que cet univers est coloré, merveilleux mais aussi sombre, cruel et possède une société divisée entre les pauvres et les riches, basés sur la curiosité de l’homme et l’établissement au rang de divinité ce qu’ils ne connaissent pas totalement : l’abysse, et entraîne donc inexorablement la ville, vers le gouffre, d’ailleurs, je pense qu’en analysant la façon dont la ville est agencée, on peut voir qu’elle tend à aller dans le gouffre : elle l’entoure, et est entourée de surplombs rocheux qui la coupent du monde extérieur.

 

L’animation et la direction artistique aux petits oignions

Exemple d’animation du début de l’anime, en utilisant des cut rapides, mais sans pour autant rendre le mouvement illisible

La direction artistique de Made In Abyss est tout bonnement magnifique de mon point de vue. Chaque background est détaillé, précis et sert à embellir (ou non) l’univers dans lequel nous sommes. Plusieurs fois j’ai eu envie de trouver ces backgrounds pour en faire des fonds d’écran, car l’esthétique est tout simplement bluffante et sort de ce qui se fait la plupart du temps dans les séries actuelles.

Le character design des personnages, « chibiisés » tranche complètement avec la cruauté du monde qui entoure les protagonistes, et ce n’est pas un mal, au contraire, l’effet est efficace, on est d’autant plus étonné lorsque les scènes sombres arrivent. Même chose pour les créatures, toutes intéressantes et dénuée de toute humanité.

L’animation est efficace, fluide et prenante, sans pour autant faire appel à des effets spéciaux partout à l’écran. L’animateur clé est Kou Yoshinari , et il nous offre d’excellentes scènes, avec un aspect particulier à première vue, mais qui colle avec les créatures qu’il anime.

 

Une bande-son soignée

Kevin Penkin trouve sa place directement dans mes compositeurs favoris.

Made In Abyss ne serait pas aussi poignant sans sa bande-son. Tantôt joyeuse, angoissante, rythmé, tout y passe.

Chacune des musiques tire son épingle du jeu, et complète parfaitement ce que l’œuvre veut montrer à tel ou tel moment. K. Penkin utilise des sonorités très orchestrales (Relinquish) parfois minimaliste (Le thème de Regu) ou la voix (Hanezeve Caradhina, chanté par Takeshi Saito).

Bref, la cerise sur le gâteau, qui donne des frissons lors des scènes contemplatives, ou simplement lors de l’écoute.

 

 

 

 

 

 

Conclusion :

Une histoire efficace, des personnages attachants et à la psychologie construite, un univers fantastique riche, magnifique et sombre, une société développée qui laisse à réfléchir, des péripéties rythmées, qui tiennent en haleine, font rire, pleurer et réfléchir, une direction artistique irréprochable et une bande-son bluffante. Voilà ce qui fait que Made In Abyss est pour moi l’anime de cette saison d’été 2017, voire même plus, car cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti autant de choses devant une série (depuis Kill la Kill je dirais).

Je ne peux donc que fortement vous conseillez de regarder Made In Abyss, car il vaut le détour, quant à moi, je m’en vais acheter la bande-son, les mangas papier et si possible quelques goodies en attendant la collector ! Keur sur vous, à la prochaine pour un nouvel article !

 

Sources : Wikipédia, MyAnimeList, Wakanim